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Le magicien

Pour l’église début 1971, le suicide était un geste impardonnable.

La famille de Mara avait dû fournir un certificat médical, expliquant l’état dépressif du père. De là, le prêtre l’avait jugé irresponsable. C’est sous cette condition qu’il avait eu droit à une messe d’enterrement. A l’époque Mara s’était fait cette réflexion :

« Moi qui croyais que Dieu était bon, plein d’amour et de compassion, voilà qu’il juge sans savoir. Il fait même de la discrimination, laissant tomber les plus faibles pour les mettre à la charge du diable. »

L’enterrement de Rod eut lieu le lendemain de la fête de son frère, le parrain de Mara. Son aîné de deux ans, Marcellin l’avait précédé de deux ans dans un identique geste de désespoir. Lui aussi, avait laissé derrière lui, femme et enfants en souffrance.

Une nuit, Mara rêve être dans une immense gare. Elle n’allait et n’arrivait de nulle part ! Il pleuvait tellement fort qu’elle y était entrée pour s’y abriter avec ses enfants. Ses cousines, les filles de son parrain, étaient là aussi. Mara n’avait jamais vu autant de gens aussi pressés, valise à la main dans une gare.

Soudain, un homme était sorti de la foule et s’était avancé vers elle, le regard autoritaire et les mains en avant. Effrayée, elle avait fait un bond en arrière. Mais l’homme qui savait tout d’elle, continuait d’avancer avec détermination si bien qu’elle l’avait fermement repoussé. Par la suite, quelqu’un était venu lui dire que l’homme, qui avait le pouvoir de lire en elle, n’était pas aussi mauvais qu’elle l’imaginait. Il était magicien ! Finalement, Mara avait regretté de l’avoir repoussé sans l’écouter. Elle traduira son rêve ainsi :

La gare qui symbolise un changement de direction m’indique que je suis en mesure de mettre un terme, aux cycles répétitifs des tendances suicidaires dans mon héritage familial. D’où la présence de mes enfants. Mes cousines nous accompagnent parce qu’elles ont subi un choc identique à travers leur propre père. Le suicide s’était déjà propagé sur plusieurs générations, mais nous n’en parlions pas. Chez elles comme chez nous, le sujet était tabou. Peut-être avions-nous peur que le fait d’en parler réveille quelques malédictions !

Cette hypothèse prend aujourd’hui tout son sens. Tous ces suicides témoignent en effet de la concordance génétique qui existe entre des personnes issues d’une même souche familiale.

A travers le monde, nombreux sont ceux qui vivent le traumatisant suicide d’un proche, choisissant de le taire et de se replier sur leur malheur. Comme les émotions sont attractives et magnétiques, en concentrant fortement leur attention sur le fait de se taire, ils donnent du dynamisme à leurs souffrances.

Je suis persuadée que symboliquement, c’étaient ces mêmes gens, avec leurs bagages chargés de négations qui nous croisaient à vive allure, l’autre nuit dans mon rêve de la gare. Que la scène se soit déroulée dans un lieu de rencontre telle qu’une gare, généralement fréquentée par des gens qui se préparent à prendre ou changer de direction, était un bon présage. Quant à l’homme au regard autoritaire qui était sorti de la foule, c’était bien évidemment mon père. En tant que partie de moi-même, il n’était pas étonnant qu’il puisse tout connaître de moi.

Le message de mon inconscient pour mon conscient à travers ce rêve prémonitoire, était clair. En s’approchant les mains en avant, mon père me montrait qu’il m’invitait pour faire la paix avec lui. Et même si le visage de l’homme n’était pas le sien, le regard autoritaire était proche de celui qui nous toisait depuis plus de trente ans sur la photo du chevet de maman.

Aujourd’hui, je sais que mon père et son frère, mon parrain, étaient des magiciens comme tout le monde. Ils avaient donc de leur vivant, le pouvoir de transformer leur état d’être intérieur et leur vie extérieure Suite à lire dans un ouvrage en cours d’écriture.

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Toute ressemblance ou similitude avec des personnages ou des faits existants ou ayant existé, ne saurait être que coïncidence fortuite.