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Mal élevée !

Mara toute gamine, était en promenade avec sa grand-mère. Son âge ! En classe élémentaire, elle avait huit ans, neuf ans peut-être ! En rentrant, Marcelline s’était arrêtée devant sa porte pour parler avec une Dame. Mara patientait sagement à côté d’elles. Soudain au loin, elle avait vu arriver sa maîtresse d’école. La seule personne qu’elle n’aurait pas voulu croiser ! Celle-là même qui déculottait Thérèse et Denise, ses camarades de classe qu’elle fessait à la moindre occasion. L’oeil noir de l’enseignante, terrorisait la petite fille.

De temps en temps, Mara allait chez Thérèse pour faire ses devoirs du soir avec elle. Avec Thérèse, une petite blonde polonaise, la mégère ne devait pas craindre de voir arriver les parents.  Ne parlant pas un mot de français, ils n’iraient pas demander des comptes à la maîtresse. Avec Denise, la brune dont l’histoire familiale était différente, c’était tout de même un peu pareil. Un père qui travaillait beaucoup, une mère épuisée par des grossesses successives. Les parents semblaient absents. Mais, pourquoi s’en prenait-elle toujours à Thérèse ou à Denise ? Mara était triste du sort que l’enseignante réservait à ses copines. Déjà très pudique pour son âge, elle redoutait se retrouver elle aussi, fesses à l’air devant tout le monde. La maîtresse éprouvait-elle de la jouissance en fessant ses élèves ?  Possible !

Retournons sur le trottoir où nous attendent Mara et sa grand-mère. Pendant que la maîtresse se rapprochait droite comme un I, l’enfant qui n’en menait pas large, se collait à son aïeule en grande discussion. Sa mère lui apprenait la politesse, mais au moment du passage de la maîtresse le – bonjour madame – était resté coincé dans son gosier ! Elle n’avait pas pu ouvrir la bouche ! La maîtresse passée, la fillette s’était naïvement sentie soulagée. C’était sans imaginer la foudre déjà prête à lui tomber dessus. Le lendemain à peine assise sur le banc en bois de son bureau d’écolière, la maîtresse l’avait réprimandée en pleine classe. Pas de déculottée, mais la tête dans ses bras sur son pupitre, la petite fille avait pleuré toute la matinée devant la maîtresse sans doute satisfaite de la leçon donnée.

Ce bonjour resté coincé, renvoie Mara à un autre, plus récent bien que ne datant pas d’hier.

C’est maintenant bien connu, ce qui n’a pas été digéré en soi, se répète…

Ce jour-là – c’était il y a longtemps, très longtemps – Mara était à la fenêtre de sa chambre. Non ! Pas précisément ! A l’étage, elle était debout dans sa chambre en retrait de la fenêtre ouverte. Que regardait-elle ? A quoi pensait-elle ? Elle n’en a pas souvenir ! Elle regardait dans le vide, sans doute l’esprit ailleurs ! Soudain une voisine du bout de la rue, était passée d’un pas rapide la sortant de ses rêveries. Mara ne se souvient plus du prénom de cette femme qui travaillait avec sa tante. Nous l’appellerons Jeannine. En passant, Jeannine avait levé la tête et plongé son regard dans l’embrasure de la fenêtre de Mara stupéfaite.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, si quelques jours plus tard, la tante de Mara ne l’avait pas réprimandée avec la même virulence que la maîtresse d’école presque quinze ans en arrière. Mara apprenait de la bouche de tante Eloïse que sa collègue l’avait traitée de mal élevée ! Tiens, tiens ! Mara était symboliquement de retour à l’école, Eloïse et Jeannine, travaillant dans une cantine scolaire. Drôle de synchronicité tout de même ! Bref ! Le sermon de la tante avait été sévère envers la nièce.

S’étant adressée à Eloïse dans le dos de Mara, Jeannine ne l’avait pas ménagée devant toutes leurs collègues de travail. Piqué au vif, l’amour propre d’Eloïse avait très mal vécu les propos désobligeants de Jeannine dont pourtant, elle se disait méfiante. Eloïse d’ordinaire si douce, s’était emportée comme jamais ! En réprimandant Mara comme une gamine, elle était rentrée dans le jeu de sa collègue. Il est vrai qu’à l’époque Mara n’avait que vingt-deux ans. Elle était jeune certes, mais mariée et maman, elle n’était plus gamine.

Il est temps pour Mara de libérer en elle, les traces de pollution de son « bonjour coincé » de petite fille.

  • L’enfant n’étant pas à l’école ce jour-là. La maîtresse n’avait pas à l’interpeller dans l’enceinte de l’établissement.
  • En passant, Jeannine n’avait pas à plonger son regard dans la chambre de Mara.

Mara n’avait jamais parlé à personne de ses histoires de « bonjours coincés ». Aujourd’hui c’est chose faite, les voilà démystifiées.

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Toute ressemblance ou similitude avec des personnages ou des faits existants ou ayant existé, ne saurait être que coïncidence fortuite.